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Top 10 des glaciers en Iran

L'Iran n'est pas le premier pays auquel on pense lorsqu'on évoque les glaciers, et pourtant le pays abrite plusieurs dizaines de glaciers permanents, concentrés principalement dans la chaîne de l'Alborz, au nord, et dans le massif du Zagros, à l'ouest. L'Alborz, qui s'allonge entre la mer Caspienne et le plateau iranien, abrite le Damavand (5 610 m), le plus haut volcan d'Asie et le plus haut sommet du Moyen-Orient, dont les flancs portent plusieurs glaciers. Ces glaciers jouent un rôle hydrologique important dans une région semi-aride, alimentant des sources et des rivières essentielles à l'agriculture. Leur retrait est documenté et préoccupant. Retrouvez leur localisation sur la carte des glaciers du monde.

1. Glacier d'Alamkouh, Alborz Central

L'Alamkouh (4 850 m) est le deuxième sommet d'Iran. Il porte le glacier le plus étendu du pays, qui descend sur le versant nord-ouest du massif vers la vallée de Rudbarak. Le glacier présente une surface crevassée significative et un front bien défini avec une moraine terminale marquée. L'ascension de l'Alamkouh, très prisée des alpinistes iraniens et étrangers, passe en partie par ce glacier. Des relevés comparatifs sur plusieurs décennies montrent un recul de plusieurs centaines de mètres depuis les années 1970.

2. Glacier du Takht-e-Soleyman, Alborz Central

Le Takht-e-Soleyman (4 811 m) est souvent gravi conjointement avec l'Alamkouh voisin. Il porte un glacier de taille respectable sur son versant nord, alimenté par les précipitations neigeuses abondantes venues de la mer Caspienne. Ce glacier est l'une des sources du débit printanier de plusieurs rivières qui irriguent les vergers et les rizières du Gilan et du Mazandaran, provinces agricoles du nord de l'Iran. L'accès au départ du glacier se fait depuis le camp de base établi dans la haute vallée.

3. Glacier de Damavand, Alborz Central

Le Damavand (5 610 m) est un stratovolcan actif qui domine la chaîne de l'Alborz. Sa forme conique caractéristique est reconnaissable dans tout le nord de l'Iran. Ses flancs portent plusieurs couloirs et plaques de glace permanente, notamment sur les versants nord et nord-est à l'altitude de 4 500 à 5 000 mètres. L'activité hydrothermale du volcan influence localement la dynamique des glaces. L'ascension du Damavand est un objectif majeur de l'alpinisme iranien et peut se faire sans équipement technique en dehors des mois d'hiver.

4. Glacier de Koloon Bastak, Alborz Oriental

Le Koloon Bastak est l'un des glaciers les plus orientaux de l'Alborz, situé dans la province du Khorasan du Nord, non loin de la frontière turkmène. Son existence même est peu connue hors du cercle des glaciologues iraniens. Il est alimenté par les précipitations neigeuses des dépressions méditerranéennes qui traversent l'Anatolie et la mer Caspienne avant de pénétrer dans les montagnes de l'Alborz oriental. Sa superficie est modeste, ce qui le rend particulièrement vulnérable au réchauffement climatique.

5. Glacier de Naz, Alborz Oriental

Le glacier de Naz se situe dans le massif des Alborz entre les provinces du Mazandaran et du Golestan. C'est un glacier de cirque de petite taille, niché dans une dépression de haute altitude. Comme plusieurs glaciers de l'Alborz oriental, il bénéficie de l'effet d'altitude de la façade nord de la chaîne, beaucoup plus humide que le versant méridional directement exposé à l'aridité du plateau iranien. Ce gradient d'humidité remarquable sur une courte distance explique la présence de glaciers à des latitudes relativement basses.

6. Glacier de Sarycheh, Zagros Nord-Ouest

Le Zagros est moins connu pour ses glaciers que l'Alborz, mais son sommet principal, le Zard Kouh (4 548 m), porte des glaciers de cirque et des névés permanents dans sa partie la plus élevée. Le glacier de Sarycheh est l'un des mieux documentés parmi eux. Sa surface a considérablement diminué depuis les premières cartographies effectuées dans les années 1950. L'eau de fonte contribue à l'alimentation du Karun, le fleuve le plus puissant d'Iran, qui prend sa source dans le Zagros.

7. Glacier du Zard Kouh, Zagros Central

Le massif du Zard Kouh dans la province de Chaharmahal et Bakhtiari est le point de départ de plusieurs rivières majeures. Les plaques de glace permanente sur ses versants nord sont des vestiges d'un système glaciaire plus étendu lors des phases froides du Pléistocène. Les recherches palynologiques et géomorphologiques dans cette région montrent que les glaciers du Zagros ont été beaucoup plus imposants lors des dernières glaciations. Leur réduction actuelle fait partie d'un long processus postglacial, mais accéléré de nos jours par le changement climatique.

8. Glacier de Sabalan, Azerbaïdjan Oriental

Le Sabalan (4 811 m) est un volcan éteint dans la province de l'Azerbaïdjan oriental. Il porte des glaciers et des névés permanents sur ses flancs nord et nord-est. Son cratère sommital contient un lac volcanique célèbre. L'alpinisme est pratiqué sur le Sabalan depuis de nombreuses années, et les glaciers sont fréquentés par les randonneurs du nord-ouest de l'Iran. Le Sabalan bénéficie de précipitations plus abondantes que le reste de l'Iran en raison de sa position géographique proche de la mer Caspienne et de la mer Noire.

9. Glacier de l'Alam Kouh Sud, Alborz Central

Ce glacier de cirque occupe un couloir sur le versant sud de l'Alamkouh, à l'opposé du glacier principal mentionné en première position. Son exposition méridionale lui vaut des conditions de fonte plus intenses en été, ce qui le rend plus vulnérable et explique sa taille plus réduite. Il est néanmoins pérenne et contribue à l'alimentation en eau de la vallée de Kandovan. Son étude comparée avec le glacier nord du même sommet offre un terrain d'expérimentation naturelle sur les effets de l'orientation sur la dynamique glaciaire.

10. Névé du Hezar, Zagros du Sud

Le Hezar (4 465 m) est le point culminant du Zagros méridional, dans la province du Kerman. À cette latitude, les glaciers au sens strict n'existent plus, mais le Hezar porte des plaques de neige et de glace permanentes dans ses ravins nord les plus ombragés. Ces névés résiduels sont le témoignage d'une glaciation plus étendue et constituent les glaciers les plus méridionaux d'Iran. Leur étude est importante pour comprendre les limites méridionales de la glaciation dans le contexte du Moyen-Orient et leur vulnérabilité au réchauffement en cours.